Chaque mardi, « La Matinale » propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.

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LA LISTE DE LA MATINALE

election « A Very British Scandal », mini-série créée par Sarah Phelps.

Coïncidence hivernale, deux des séries les plus en vue de la semaine mettent en scène des couples emportés par des scandales médiatiques qu’ils ont eux-mêmes orchestrés. La « sextape » de Pamela Anderson et Tommy Lee est apparue un quart de siècle après le Polaroid de la duchesse d’Argyll, mais les deux objets ont suscité le même mélange de voyeurisme et de joie mauvaise.

election « Pam & Tommy », mini-série créée par Evan Goldberg et Seth Rogen.

Election « Pam & Tommy » : le premier « revenge porn » de l’ère Internet

Un poil vulgaire, moins programmatique, beaucoup plus drôle, Pam & Tommy est la version pop d’American Crime Story : Impeachment. Pour un même objectif – en gros, réhabiliter deux victimes du patriarcat, Pamela Anderson et Monica Lewinsky –, les deux mini-séries empruntent des chemins résolument différents, malgré une même approche maximaliste de l’art du postiche. Développée par Seth Rogen et son acolyte de Superbad Evan Goldberg, la série est réalisée par Craig Gillespie, auteur des vibrionnants Moi, Tonya et Cruella. L’élégance avec laquelle il filme la Britannique Lily James, dans le rôle de l’actrice d’Alerte à Malibu, compte d’ailleurs pour beaucoup dans le charme de la série, qui raconte en huit épisodes le scandale de la « sextape » dérobée au couple qu’elle formait alors avec le batteur de Mötley Crüe, Tommy Lee (Sebastian Stan).

Médias, show-business, justice… toutes les institutions mêlées à un moment ou à un autre à cette sombre affaire de « revenge porn » (la cassette fut volée par un employé mécontent) en prennent férocement pour leur grade, et l’intérêt de la série est de parvenir à faire du spectacle de cette médiocrité un divertissement addictif. Cela tient évidemment à sa réalisation turbulente, parfois volontiers potache (l’épisode 2 met en scène un pénis parlant – vous avez bien lu), mais aussi à une brochette de seconds rôles classieux – Rogen lui-même, Nick Offerman (Parks and Recreation), Taylor Schilling (Orange is The New Black) – et à une bande-son taillée pour la nostalgie. Audrey Fournier

« Pam & Tommy », mini-série créée par Evan Goldberg et Seth Rogen, réalisée par Craig Gillespie. Avec Lily James, Sebastian Stan, Seth Rogen, Nick Offerman, Taylor Schilling (Etats-Unis, 2022, 8 x 45 min environ). Trois épisodes le 2 février sur Disney+, puis un épisode par semaine.

Election « A Very British Scandal » : l’immoral dans les chaussettes

L’une des séquences les plus cruelles de cette mini-série, qui est à la noblesse britannique ce que la corrida est aux bovins ibériques, montre Ian Campbell, onzième duc d’Argyll (Paul Bettany), brandissant une paire de chaussettes, à motif argyle, bien sûr, pour les besoins d’une publicité. Ce descendant des fiers guerriers de Robert the Bruce traverse une mauvaise passe, et sa roturière d’épouse, Margaret (Claire Foy), lui a coupé les vivres. Le duc n’aura bientôt plus d’autre issue que le divorce, qui prendra un tour à la fois sordide et innovant. Inspiré d’une affaire qui a marqué les esprits outre-Manche, ce scandale très britannique relate aussi bien la destruction d’un couple que la mise au point d’un prototype médiatique encore en usage au royaume d’Elizabeth II (demandez à son fils cadet), le scandale aristocratique salace. Au cours de la procédure de divorce, la partie civile utilisa un Polaroid montrant la duchesse accordant une fellation à un partenaire anonyme (le cadrage…). On était en 1963 (les Beatles, l’affaire Profumo…) et la capitale de l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais était devenue le Swinging London. Autour de deux interprètes qui ne cachent rien des tares de leurs personnages, la série dessine le tableau, précis, ironique et un peu déprimant d’une classe en pleine décomposition. Thomas Sotinel

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